4 posts tagged “cinéma”
En repassant le fil ciné du mois de janvier, je me dis que ça aurait pu être bien pire !
Tout a commencé avec l'adaptation d'une de nos bd signée Steve Niles et Ben Templesmith : 30 jours de nuits, porté à l'écran par David Slade. Le pitch ? Une bande de vampires assoiffés débarque à Barrow en Alaska qui comme chaque année s'apprête à passer un mois complet dans l'obscurité la plus totale. Au final, l'univers du comics a été respecté, et le film se laisse regarder tout en évitant, sans atteindre les sommets, l'écueil de "l'adaptation navet"...
Loose du samedi soir oblige, je me suis retrouvé coincé devant Hitman (vive la carte UGC) adaptation (encore une décidemment), mais d'un jeu vidéo cette fois. Si l'histoire de cet assassin respecte là aussi l'univers du jeu vidéo, le film ne dépasse pas le niveau du divertissement sympa, distrayant, aussitôt vu, presque aussitôt oublié. A noter, l'inspiration pour ne pas dire le repompage sévère de la trilogie de la Mémoire/Mort/Vengeance dans la peau.
Séance de rattrapage enfin avec La Nuit nous appartient de James Gray réalisateur de Little Odessa et The Yards. On retrouve les deux principaux acteurs de son précédent film : Mark Wahlberg et Joaquin Phoenix. Un polar/drame plutôt bien ficelé et pas aussi simple, manichéen ou hollywoodien qu'il pourrait y paraître. L'histoire se passe à New-York à la toute fin des années 80. Deux frères, l'un policier, l'autre gérant de boîte se retrouvent impliqués dans démantèlement d'un traffic de drogue. Une intrigue somme toute classique, et rondement menée du reste, mais doublé d'une épaisseur humaine qui lui donne tout son sel. Et pourtant, je ne suis pas ressorti 100% conquis, un petit truc qui sonne faux sans réussir à vraiment mettre le doigt dessus, sûrement l'idéée de la fin, je ne sais pas. A voir en tout cas !
Une chose est sûre en tout cas, le
programme de février s'annonce tout aussi chargé avec 4 films que je
veux voir en priorité, certains sont d'ailleurs déjà sortis :
Sinon, pour ceux qui ne l'auraient toujours pas vu, je vous conseille Gone Baby Gone, vu le mois dernier, avec Casey Affleck toujours aussi excellent qu'il joue un loser absolu, qu'il tienne le crachoir à Matt Damon ici et là, où dans ce film, un privé au caractère bien trempé.
Et vous, vous avez vu quoi de beau ?
Pour bien commencer l'année, un court métrage tout à fait réjouissant signé Julien Grossin de l'agence AD4S. Un hymne aux joies du voisinage, et aux vieilles pies !
Réagissant aux propos de Nicolas Sarkozy à la ministre de la culture, Mme Albanel, Cédric Kalpisch publiait hier dans les pages du journal Le Monde un texte très juste sur les dangers liés à la "blockbusterisation" de l'industrie cinématographique et à ce que j'appelle régulièrement la tyrannie du populaire.
Si notre métier contient une part de rêve, être "réalisateur", au sens littéral, c'est rendre réels ces rêves. Si nous aidons les spectateurs à fuir la réalité avec nos images, notre but est aussi que ces images les renvoient autrement à la réalité. Le cinéma doit sans doute divertir, mais il doit aussi avertir. Un réalisateur doit plus aider les gens à se "tourner vers" qu'à se "détourner". Il ne doit pas "endormir", mais donner à voir, informer, éveiller la curiosité.
Woody Allen m'a averti des paradoxes du couple. Federico Fellini m'a éclairé sur les mystères de la masculinité, Jane Campion sur les mystères de la féminité. Jean Renoir m'a parlé de ce qui dépasse les classes sociales, Charlie Chaplin de ce qui n'échappera jamais aux classes sociales, Abbas Kiarostami de l'intelligence contenue dans la simplicité, Jean-Luc Godard de la simplicité contenue dans l'intelligence, Martin Scorsese de la beauté de la violence, Alain Resnais de l'horreur de la violence, Pedro Almodovar du fantasme contenu dans le réel, Alfred Hitchcock du réel contenu dans le fantasme...
Tous ces cinéastes m'ont aidé à vivre. Ils m'ont autant diverti qu'averti. Ils m'ont aidé à aborder des problèmes quotidiens sans me donner de leçons. Ils m'ont donné des éléments de réflexion sans que je sache que c'était de la réflexion. Ce "reflet" du monde n'est pas juste un effet de miroir, c'est ce qu'on appelle un regard. Bizarrement, plus ce regard est personnel, plus il sera universel. Moins il sera consensuel et formaté, plus il sera général. La culture a ceci de particulier qu'elle n'est pas conçue a priori pour satisfaire le public, même si au fond elle s'adresse à tous. On pourrait croire qu'avec Internet il y aura toujours plus d'espaces pour plus de films. Non ! Paradoxalement, plus on ouvre de fenêtres et plus les portes se ferment. La multiplication des espaces de diffusion accentue la logique de l'Audimat et l'omniprésence des block-busters. Le résultat : un formatage sans précédent des oeuvres. (...)
Se borner à laisser faire le marché en matière de culture, c'est tuer la culture.
Lire l'intégralité du texte sur le site du Monde.
Chaque tour de magie comporte trois parties ou acte :
La première s'appelle la promesse : le magicien vous présente quelque chose d'ordinaire, un jeu de carte, un oiseau ou un homme. Il vous le présente, peut-être même vous invite t'il à l'examiner afin que vous constatiez qu'il est en effet réel, oui, intact, normal. Mais il est bien entendu loin de l'être...
Le deuxième acte s'apelle le tour : le magicien utilise cette chose ordinaire pour lui faire accomplir quelque chose d'extraordinaire. Alors vous chezchez le secret, mais vous ne le trouvez pas parce que, bien entendu, vous ne regardez pas attentivement, vous n'avez pas vraiment envie de savoir, vous avez envie d'être dupé. Mais vous ne pouvez vous résoudre à applaudir parce que faire disparaître qqchose est insuffisant, encore faut-il le faire revenir.
C'est pourquoi pour chaque tour de magie il existe un troisième acte, le plus difficile, celui que l'on nomme, le prestige...
Le Prestige de Christopher Nolan est l'adaptation du roman éponyme de Christopher Priest, paru en 1995 et édité en France chez Denoël. L'histoire de la rivalité opposant deux magiciens, Alfred Borden (Christian Bale) et Robert Angier (Hugh Jackman). Pris dans une escalade aussi tragique que mortelle, les deux magiciens se livrent une guerre impitoyable qui trouve son paroxysme autour de la plus formidable des illusions : "l'homme transporté" à laquelle ils sacrifieront bien plus que leur simple vie.
Construit en trois actes, Le Prestige de Christopher Nolan est un film à la fois mystérieux et réjouissant. S'il s'écarte volontairement de la trame scénaristique du livre, il en conserve ce parfum d'inattendu et l'originalité de son thème bien qu'il en adoucisse les traits. On ne retrouve certes pas la noirceur, la profondeur et le cynisme des principaux personnages qui faisait la richesse du roman, mais on se laisse prendre au jeu de cette histoire à tiroir et de ses multiples rebondissements : on se laisse "duper" en fermant les yeux sur les absences de certains acteurs, ou quelques passages alambiqués.
Pour ceux qui souhaiteraient en savoir plus, je vous invite à vous rendre sur le site Cafard cosmique (quel nom étrange) qui consacre au film un article très complet agrémenté d'une interview de Christopher Priest.