Il y a quelques semaines, Ubisoft avait propulsé en pleine coupe du monde de rugby ses lapins crétins face aux terribles All Blacks pour un haka macarena de légende. Bilan, une buzz pub plutôt réussie et drôle à souhait. Aujourd'hui, 13ème rue invente Gali l'Alligator, plus fort que les lapins crétins et plus trash que les Happy Tree Friends ! Une vision décalée mais foutrement drôle des émissions pour enfant, j'adore !
Dans Happy Living, son dernier album, Jean-Claude Götting ressuscite quelques grands noms du jazz : Chet Baker, Lionel Hampton, Benny Carter pour un road trip envoûtant au son des grands standards musicaux du vingtième siècle.
Contrairement à La Malle Sanderson, Happy Living rassemble tous les éléments d'un classique à la "Götting". Un album
à la frontière des genres, l'histoire d'une imposture, mais surtout
d'un voyage et d'un "héros" perdu entre New-York et la Californie.
Comme
souvent chez Götting, le personnage central est un déraciné, projeté
dans l'inconnu à la faveur d'une circonstance inattendue : ici un
morceau, autrefois une absence, un départ, un objet. Au final,
plus que "l'enquête", ce qui importe c'est le cheminement d'un
personnage, le détachement avec lequel Götting conduit son héros dans
les dédales de ses passions, d'une histoire dont les différentes
parties s'imbriquent sans jamais se mêler. Il nous entraîne au coeur de
son univers, au rythme dilettante d'une écriture fine et maîtrisée
soutenu par un trait dont l'élégance froide accompagne un récit où
toute dramaturgie semble absente, noyant son lecteur dans les errances
de son héros : solitudes, rencontres, amours ? Le voyage est plaisant
et tient toutes ses promesses, au risque peut-être de perdre en chemin les
impatients par trop d'élégance maîtrisée.
Annie Clark, plus connue sous le pseudonyme de St Vincent, est la très belle surprise de ce week-end. Une voix fascinante et fragile à fois qui n'est pas sans rappeler Feist. Elle a notamment joué en première partie d'Arcade Fire et accompagné Sufjan Stevens lors de sa tournée en 2006. Je ne suis pas forcément fan de la surinstrumentalisation des morceaux proposés sur son myspace, mais pour ce concert à emporter, il n'y a qu'elle, sa voix, et quelques cordes, c'est tout simplement magique !
Nous l’avons menée dans un appartement au sommet de Paris, un appartement boudoir, vieux meubles chinois, combles, photos décaties et bouquins entassés sur les murs, un peu partout. Partout où elle se posait, il y avait du cinéma. Avec sa veste sur un balcon surplombant Paris, allongée sur un lit de soie, partout il y avait cette voix, qui fredonnait Five Years de Bowie chaque fois qu’il y avait un silence à combler. Nous étions tous magnétisés, oui, disons-le. On en faisait un peu trop, et elle aussi. Annie minaudait et nous l’encouragieons.
Suite du concert à emporter sur le site de la Blogothèque.
Giuseppe Arcimboldo
naît en 1527, à Milan en plein cinquecento. L'âge des Vinci, Michel
Ange, ou encore du Titien. C'est un homme de la Renaissance dont la
reconnaissance ne se fera que tardivement. Il doit en effet attendre
1562 pour rejoindre la cour impériale des Habsbourg, mais à quel titre
? Le voilà pour un temps, portraitiste de la famille impériale. On lui
attribue de nombreuses toiles dont le Portrait de Maximilien II de Habsbourg et de sa famille.
Arcimboldo n'est pas l'"artiste"
tel que nous pouvons nous l'imaginer, et encore moins l'homme d'une
simple curiosité, mais bien l'homme d'un siècle, d'un âge humaniste et
renaissant fait d'un continent qui se découvre une conscience
européenne en même temps qu'un "nouveau monde". Un âge curieux ?
Pour en savoir plus :.
- Le catalogue des oeuvres d'Arcimboldo, le dossier du journal La Croix et l'article de Sabine Gignoux.
- L'article de Philippe Dagen sur le site du journal Le Monde.
- Le mini site réalisé par le musée du Luxembourg.
- L'héritage d'Arcimboldo, peintures "à la manière de" (merci popculture !)
Toute l'oeuvre de Taniguchi est imprégnée d'un appel à vivre avec un coeur pur et ceux qui l'aiment la lisent précisémment pour cela : parce qu'elle permet d'entrer en contact avec le Petit Prince qui est en nous. Les émotion incroyablement fortes qui naissent des histoires de Taniguchi redonnent confiance en la possibilité d'une humanité tendre et font à nos coeurs comme une enveloppe chaleureuse et ressourçante.
Stéphane et Muriel Barbéry*
*Auteur de L'Elégance du hérisson, Gallimard, 2006.
La Montagne Magique
raconte l'histoire de deux enfants à la toute fin des années 60, dans
la région de Tottori. Confiés aux bons soins de leurs grands parents,
ils vont vivre une aventure fantastique, comme seuls les enfants sont
capables de s'en inventer. Un album mélancolique où l'on retrouve les
thèmes chers à Taniguchi et qui en soit ne serait pas déplaisant si en
fait d'"âme tendre" toute cette histoire sentimentalo-écolo ne
transpirait pas l'âme mièvre. C'est mignon, mais un brin gentillet :
une bagatelle douce et trop sucrée à lire aux enfants au coin du feu
avec une tasse de lait et du miel.
Plus intéressant en revanche, "Le Mangaka au regard d'enfant", un entretien de Stéphane et Muriel Barbéry (auteur de L'Elégance du hérisson paru l'an passé chez Gallimard) avec Jirô Taniguchi publié en fin d'album.On y parle de l'enfance, des souvenirs de l'auteur, des esprits magiques, du deuil et de la mélancolie :
Comme il y a la clarté et l'obscurité, l'ombre et la lumière, je pense que si l'homme était toujours dans une état d'euphorie, il exploserait. La mélancolie me semble être une sorte de remède pour équilibrer l'esprit. Si, comme vous le dites, la mélancolie a à voir avec la sensation d'impermanence, je trouve cela très beau ou plutôt, c'est ce qui, dans les sentiments humains, me semble le plus subtil, insaisissable, et sans doute le plus précieux. [...] Une euphorie permanente serait trop fatigante. Je pense qu'il faut toujours garder cette sorte d'interstice, de vide, dans son esprit, son coeur.
K. n'arrête pas de m'en parler depuis quelques temps et pour cause, elle a écrit quelques unes des histoires du deuxième tome de Péchés Mignons par Arthur de Pins. Un dessin toujours aussi "cute" pour raconter les aventures pas simples et compliquées d'Arthur, un célibataire à femmes. Bagatelle, infidélités, dîners de couples, premières fois, vibro et gode "rabbit", l'amour et ses petits tracas façon Arthur de Pins ce n'est jamais très mignon, mais toujours drôle et tellement vrai ! J'adore !
Jusqu'au 19 octobre, retrouvez Arthur de Pins à la galerie Arludik.
Arthur de Pins, c'est aussi La Révolution des Crabes, prix du public au festival d'Annecy 2004.
A noter aussi, Tozoïd et Vula où les aventures d'un spermatozoïde presque comme les autres et d'un ovule un brin difficile. On parle de sexe, des hommes, des femmes, la vie en somme ! Un premier album a paru aux éditions du Cycliste, composé d'un bon paquet d'inédits.
Morceaux choisis :
Ambiance de fête dans Paris après la victoire du XV de France face aux All Blacks dans l'enceinte du Millenium Stadium de Cardiff. Un pur moment de bonheur comme seules les grandes compétitions peuvent en offrir. Les Néo-Zélandais ont plié : 20 - 18. Un score étriqué qui refléte bien toute l'apreté d'un match où l'envie et la détermination sans faille des Français aura été déterminante. Unis dans la victoire, les bleus l'étaient aussi avant match quand rassemblés sur la ligne médiane ils sont venus défier les Néo-Zélandais du regard pendant le célèbre Haka. Le message est clair, les Français ne lâcheront rien et c'est bien ce qu'ils ont fait pendant plus de 80 minutes.
Malmenés physiquement et individuellement tout au long de la partie, les Français sont menés 13 - 3 à la pause en ayant raté deux coup de pieds à 3 pts. Comme en 1999, les Français sonnent la révolte en seconde période et crucifient l'ogre Blacks sur deux traits de génie lumineux et inspirés. Dusautoir puis Jauzion portent la marque à 20 - 18. Les 10 dernières minutes, insoutenables, voient les Blacks s'acharner sur la défense française avec cette même tactique de gagne terrain qu'il leur avait permis de marquer leur second essai, mais rien n'y fait. Sur un dernier regroupement, Elissalde récupère le ballon et s'en va en courant vers la touche mettre un terme à ce match d'anthologie. Les Français ont été grands.
Livres Hebdo publie cette semaine une avant critique de Chroniques Birmanes par Guy Delisle. Oublié l'expatrié solitaire en contrées dictatoriales, après la Chine et la Corée du nord, Guy Delisle débarque en Birmanie en compagnie de son fils et de sa femme dépêchée sur place par Médecins sans Frontières. N'ayant toujours pas eu l'album en main, difficile de vous en dire plus, si ce n'est que la perspective devrait être légèrement différente des deux premiers albums. Verdict le 17 octobre, en librairie !
Pour les plus impatients, une preview de l'album est en ligne sur le site des éditions Delcourt. A noter aussi ses deux précédents carnets : Shenzhen et Pyongyang parus à L'Association.